• Catherine Huby, institutrice bien connue des forumeurs sous les pseudos d'Akwabon ou de doublecasquette, propose quelques éclaircissements et conseils concernant la lecture tout au long de l'école primaire. Comment donner la capacité de lire et le goût de lire à tous les enfants ?

     

    Les conseils du chef pour nourrir le Gargantua qui se cache en chaque enfant :

     Gargantua

    1) Considérez avant toute chose que vous êtes là pour eux et que ce n'est pas à vous qu'il s'agit de procurer de la nouveauté et du plaisir.


    2) Rappelez-vous que vous n'avez pas à décider de ce qu'ils feront ou ne feront pas ce soir, à la maison, dans un à huit ans, au collège, dans une vingtaine d'années, quand ils seront adultes.


    3) Donnez-vous comme mission de mettre une clé dans chacune des serrures qu'ils auront la possibilité d'ouvrir, plus tard, quand l'âge du choix sera venu.


    En français, cela consiste à leur apprendre à lire, avec suffisamment de fluidité et de compréhension pour que, plus tard, ils puissent "tout" lire, même si ce sont des passionnés de mathématiques pures ou de physique quantique, de chimie organique ou de musique sérielle, d'histoire de la philosophie ou de littérature guatémaltèque du XIV° siècle, de séries B indiennes de Bollywood ou de romans Harlequin produits entre le 16/04/1973 et le 22/07/1981...


    Cela consiste à les faire lire tous les jours quelque chose de différent pour éviter qu'ils ne se mettent à réciter la page maintes fois ressassée, pour les ouvrir à des centaines de thèmes, auteurs, styles, sensibilités, à des milliers de phrases, expressions, mots, figures, pour donner à chacun, au cours de chaque mois de classe l'occasion de découvrir une nouvelle passion, d'avoir un contact avec sa passion actuelle, d'apprendre à apprivoiser ce qui l'effraie et à connaître ce dont il ne soupçonnait même pas l'existence.


    Cela consiste à offrir à tous, dès le plus jeune âge, l'occasion de s'accrocher à la branche sans papa et maman derrière pour leur faire fréquenter la médiathèque municipale, leur lire la petite histoire du soir, remplir leur bibliothèque personnelle de tous les bouquins conseillés par la dernière officine à la mode.

    C'est donc dès les plus petites classes qu'il faut offrir toutes ces occasions d'apprendre à mieux parler, vouloir comprendre à tout prix, puis mieux lire et mieux écrire.

    Facile quand on est "en début de chaîne", me direz-vous, et qu'on arrive à captiver tous les jeunes regards vers le bel album coloré, l'histoire adorable, les formulettes faites pour attirer l'oreille enfantine !

    Facile encore lorsqu'à l'aube de la Grande Section ou du CP, on choisit la méthode qui amène lentement, patiemment, mais sans trop d'anicroches, tous les élèves de la classe vers un déchiffrage intelligent !

    Mais beaucoup moins facile quand, à l'aube du CE1, ou pire du CE2 ou du CM, on a dans sa classe que les "fils et filles de..." qui savent lire et y prennent plaisir, pendant que les autres rament lamentablement pour déchiffrer une phrase un peu longue et la comprendre !

    Et quand en plus de cette lenteur et de cette incompréhension, ils affirment haut et fort qu'ils n'aiment pas lire et qu'ils ne lisent surtout pas en dehors de l'école !

    Évidemment qu'ils ne lisent pas... S'ils en sont restés au niveau qu'ils avaient à la fin du CP, ils ne peuvent pas avoir envie de lire. Nous même, nous ne grimperions pas à l'Alpe d'Huez ou au Ventoux avec un vélo à roulettes ou un tricycle !

    Une remédiation s'impose et même un remède de cheval ! Ces petits ont déjà deux années de retard sur ceux dont les parents complémentent régulièrement le régime de famine imposé par l'école à leurs enfants par des lectures riches et propres à susciter chez eux l'envie d'en réclamer toujours plus !

    Le régime enrichi consistera en :

    - une lecture offerte par jour, choisie parmi des œuvres qui ont toujours fonctionné auprès des enfants, en fonction de l'âge moyen de la classe, bien sûr...

    - une lecture à haute voix par jour, pendant laquelle chacun des élèves de la classe lira au moins un paragraphe ; la lecture sera interrompue aussi souvent que nécessaire pour des questions de vocabulaire et de compréhension ; au début, l'extrait sera court, écrit gros, le vocabulaire et les tournures de phrases simples, puis, au fur et à mesure des textes, on allongera le texte, diminuera la police, complexifiera le vocabulaire, les tournures de phrases et l'intrigue (pour ceux qui ne sont pas capables de juger eux-mêmes de la valeur d'un texte, le tome 2 de Borel Maisonny, utilisé par des orthophonistes en cabinet tant pour des enfants de sept ans que pour des ados de douze ou treize ans, pourra servir de modèle). Ensuite, c'est très simple Spinoza1670, Zaubette, Phi et Nèchetambour sont en train de compiler sur le site Littérature au primaire des dizaines et des dizaines de textes de valeur dans lesquels il leur suffira d'aller piocher jusqu'à ce qu'ils se sentent suffisamment forts pour trouver tout seuls si un texte est enrichissant ou sans intérêt scolaire pour leurs élèves)*...

    - ce texte sera donné à relire à la maison ou à l'étude mais cette relecture ne sera pas contrôlée... en lecture, le par cœur n'est jamais souhaitable...

    - dans un premier temps, tant que les élèves liront mal parce qu'ils n'en sont en fait qu'au stade du déchiffrage, il pourra être judicieux que le maître relise le paragraphe lu par un des élèves afin de donner un modèle, encourager à progresser, permettre aux enfants de suivre l'intrigue de l'histoire...

    - dans un troisième temps, lorsque tous les élèves seront habitués à ces lectures quotidiennes et commenceront à y prendre un goût certain, on pourra donner le texte à préparer la veille au soir à la maison, non pour obtenir le par cœur qui masque les "faibles lecteurs" et les habitue à faire plus confiance à leur mémoire auditive qu'à leurs capacités de décodage, mais simplement pour qu'ils puissent jouer le texte dont ils connaissent déjà l'intrigue et les difficultés...

    - on ne le fera que si l'on sait que la très grande majorité des élèves trouvent en dehors de l'école une "personne ressource" (parents, grands parents, éducateurs, PE) avec laquelle ils pourront préparer cette lecture ; si c'est pour donner à nouveau à Louis-Thaddée et à Sixtine-Marie de briller devant les petits copains, on ne le fera pas...

    - il faudra alors trouver un autre subterfuge... il en existe un, tout simple, qui consiste à faire relire le texte plusieurs fois... le lundi, c'est Abel qui commence à lire le premier paragraphe, Bérénice prend sa suite, puis Charles, puis Doriane... Lorsqu'on arrive à Karim, le texte est fini. Léo reprend donc le paragraphe d'Abel, Maia, celui de Bérénice, etc. jusqu'à Zéphyrin qui clôt la lecture du lundi... le mardi, ce sera Bérénice qui lira le premier paragraphe, puis Charles, puis Doriane... Grosso modo, on aura Maia qui reprendra le premier paragraphe, Nestor le deuxième et ainsi de suite jusqu'à Zéphyrin puis Abel qui, de premier lecteur ayant le droit d'ânonner un peu, sera passé au "grade" de relecteur prié de faire un peu de théâtre puisqu'il sait déjà de quoi l'on parle...

    - avant-dernier conseil, faire lire, lire et encore lire, toujours du nouveau, en première, deuxième ou troisième lecture maximum, aussi bien pendant l'heure de lecture qu'en grammaire, conjugaison, vocabulaire, histoire, géographie, sciences et mathématiques et faire lire de tout : des consignes, des phrases à transformer, des listes de mots à réintégrer dans des phrases, des définitions de dictionnaire, des documentaires, des problèmes, des explications...

    - et le dernier : ouvrez toutes grandes les portes de votre bibliothèque de classe, autant pour y faire entrer des livres neufs ou plus anciens que pour les en faire sortir, pendant les temps libres du temps de classe, le soir après l'école, le week-end et pendant les vacances scolaires ; conseillez des ouvrages, encouragez les enfants à se raconter mutuellement leurs histoires ; lisez-leur les deux premières pages des livres que vous sélectionnez ; racontez-leur comment, lorsque vous étiez enfants, vous avez aimé telle histoire, tel conte, comment tels autres vous faisaient rire aux larmes et comment celui-ci vous faisait pleurer...


    Je ne dis pas que vous aurez tout fait, mais au moins, vous pourrez vous dire qu'après tout, ce n'est déjà pas si mal, et qu'à part l'adoption, vous ne voyez pas très bien ce que vous pourriez faire de
    plus.

     

    Catherine Huby,  

    institutrice réseau SLECC (Savoir lire Ecrire Compter Calculer)

    auteur de manuels pour l'école primaire

    membre du GRIP (Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes)

     

     

    Quelques textes de Catherine Huby :

     

    Le constructivisme et la main à la pâte sont les deux mamelles de l'échec scolaire en science, telle est la thèse défendue par Catherine Huby dans ce texte polémiquement jouissif.

    Pauvre Shéhérazade ! A propos de l'article "L’écrit douloureux de Shéhérazade, candidate à l’enseignement"  (blog Interro écrite) qui montre les difficultés de maîtrise de la langue française d'une étudiante préparant les concours de professeur des écoles, Catherine Huby propose un commentaire passionnant. 

    Lecture en grande section : présentation du manuel de Thierry Venot, De l'écoute des sons à la lecture (GS).

    L'école maternelle : une proposition de programme d'enseignement ambitieux pour l'école maternelle.

      
    Littérature au primaire :
    Certains ouvrages, contes, histoires mentionnés dans l'article supra peuvent être consultés sur :
     

     

     

     

     
     des extraits d'oeuvres classiques de la Littérature
    adaptés aux différents niveaux de l'école élémentaire.

     

     

     


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  • Catmano, alias Catherine Huby, écrit le texte suivant le 28 octobre 2007 sur le blog Bonnet d'âne de Jean-Paul Brighelli :

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    « Parce que c'est ainsi que la langue et l'esprit se structurent, et les neuro-sciences aujourd'hui confirment les intuitions des linguistes d'hier : le b-a-ba seul abolit Babel, parce que savoir sa langue, c'est, potentiellement en connaître tant d'autres ! » (J.-P. Brighelli)
     
    Le premier reproche que l'on adresse aux méthodes de ce type, c'est justement de ne proposer aux élèves de CP qu'un vocabulaire indigent dans des phrases stupides. 

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  • Premières lectures des petites filles.

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    Niveau : 1

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     les souris

    La bonne petite souris.

     

    I. — COMMENT UNE PAUVRE REINE FIT CONNAISSANCE AVEC LA PETITE SOURIS.

    Il y avait une fois un roi et une reine qui étaient très bons pour leurs sujets. Aussi appelait-on leur royaume le Pays des joies, et le roi était le roi Joyeux.

    Ils avaient pour voisin un roi très méchant qui s’appelait le roi Cruel et son pays s’appelait le Pays des larmes.

    Le roi Cruel vint avec une grande armée pour prendre le royaume du roi Joyeux. Celui-ci fut tué dans la bataille et la pauvre reine, qui avait un grand chagrin, fut emmenée prisonnière par le roi Cruel. Elle fut enfermée dans une tour très haute, où elle était obligée de filer jour et nuit. On ne lui donnait à manger que trois pois et un peu de pain noir.

    Un jour que la pauvre reine se désolait dans sa prison, elle vit une petite souris qui sortait d’un trou du mur. La petite souris trotta par la chambre et vint mettre son petit museau sur le bord du plat. La reine lui donna le dernier pois qui restait pour son souper et la petite souris le mangea. Aussitôt le plat fut rempli de bonnes choses dont la pauvre reine mangea pour se donner des forces.

    Le lendemain, la petite souris revint, et elle mangea tous les pois pendant que la reine était occupée à filer. « Petite gourmande, lui dit la reine, quand elle s’en aperçut, veux-tu donc que je meure de faim? » Mais aussitôt le plat se remplit de bonnes choses comme la veille et la pauvre reine put manger à sa faim.

    La pauvre reine eut une belle petite fille. Quand le roi Cruel le sut, il envoya un de ses ministres pour voir l’enfant : « Si elle est jolie, dit-il, je la marierai à mon fils; si elle est laide, je la pendrai it un arbre avec sa mère. » Le ministre vit la petite fille qu’il trouva fort jolie et il alla le dire au roi. Celui-ci dit : « Quand la petite fille aura quinze ans, je la marierai à mon fils. »     

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    Questions à poser. — 1° Comment s’appelait le pays du roi Joyeux? — 2° Pourquoi s’appelait-il ainsi? — 3° Et celui du roi Cruel? ­4° Pourquoi? — 5° Qu’arriva-t-il au roi Joyeux et à sa femme la Reine? ­6° Que donnait-on à la Reine pour repas dans la prison? — 7° Que fit la petite souris? — 8° Que fit le roi Cruel quand il sut que la reine avait une petite fille?

    Exercices. — 1° Dessiner la petite souris et les trois pois. ­— 2° Copier les noms de choses de la leçon. — 3° Écrire tous les mots où se trouve le son an, en, em.

     

    II - LA REINE ET LA VIEILLE FEMME QUI MANGE LES SOURIS.

    La pauvre reine pleura beaucoup quand elle sut que le roi Cruel voulait marier sa jolie petite fille à son fils. Ce prince était méchant comme son père et fort laid. Elle confia sa peine à la petite souris; mais celle-ci ne pouvait pas la consoler, parce qu’elle ne savait pas parler; elle grimpa seulement sur l’épaule de la reine, et en lui caressant la joue avec sa fine petite tête, elle essaya de lui donner du courage. Alors, la reine se dit que quinze ans c’était un temps bien long; que le roi Cruel et son fils pouvaient mourir pendant ce temps-là et qu’elle serait délivrée avec la jeune princesse.

    Cependant les années passaient; la petite princesse grandissait et sa maman la reine l’appelait Joliette. La petite souris leur tenait souvent compagnie et lorsqu’elle avait mangé les pois et le pain noir, toujours de bonnes choses remplissaient le plat pour la reine et la princesse.

    Un jour, la reine, en regardant par la fenêtre grillée de sa prison, vit une vieille femme appuyée sur un bâton qui lui demanda l’aumône. La reine lui dit : « Je suis prisonnière et je n’ai rien à donner; je ne puis donc pas vous venir en aide, ma bonne femme, mais je vous plains de tout cœur d’être vieille et sans soutien. » La vieille femme répondit : « Vous n’avez pas de pain ni d’argent, mais peut-être qu’il y a dans votre chambre quelque petite souris bien grassouillette; je me régale avec les souris; vous pourriez me la donner. » Et la vieille en disant cela leva son visage vers la reine; et la reine vit qu’elle avait l’air très méchant; elle referma vivement sa fenêtre. La petite souris qui trottait par la chambre avait entendu la vieille femme; vite elle avait été se cacher dans son trou. Quand la reine eut refermé la fenêtre, elle en sortit tout doucement et elle vint lui caresser la joue avec sa fine petite tète comme pour la remercier de ne l’avoir pas livrée à la vieille femme.

    _______________________________________________

    Questions à poser. — 1° Que faisait la petite souris pour consoler la reine? — 2° Comment la reine appela-t-elle la petite princesse? — 3° Que demanda une vieille femme? — 4° La reine donna-t-elle la petite souris? — 5° L’auriez-vous donnée à sa place?

    Exercices. — 1° Dessiner la quenouille de la reine. —2° Relever et écrire les noms communs de la leçon.

     

    III. — COMMENT LA SOURIS RÉCOMPENSA LA REINE DE SA BONTÉ.

    Quand Joliette eut quinze ans, le roi Cruel vivait toujours, son méchant fils aussi, et ils décidèrent que le mariage aurait lieu sans tarder davantage.

    « Que vais-je devenir, dit la pauvre reine à la petite souris, si ma Joliette doit épouser ce prince laid et méchant ? »

    La petite souris grimpa sur l’épaule de la reine ; elle lui caressa la joue avec sa fine petite tête. Elle ne pouvait pas parler, mais ses yeux noirs étaient plus brillants que jamais. La reine pensa que la souris avait dans la tête une idée pour la sauver avec la princesse.

    Quand la nuit fut venue, la petite souris se glissa dans le palais du roi Cruel. Comme elle avait peur d’être saisie et mangée par un chat ! Mais elle put pénétrer dans la chambre où le roi dormait en ronflant bruyamment et vous allez voir ce qui arriva.

    La souris monta sur le lit du roi et elle lui mordit l’oreille avec ses fines petites dents. Le roi se réveilla fort en colère ; alors elle lui mordit le nez et l’autre oreille ; le roi se leva, furieux, et chercha son épée pour tuer l’ennemi qui lui jouait de si mauvais tours. Pendant ce temps, la petite souris passa dans la chambre du méchant prince et lui mordit aussi les oreilles et le nez. Le méchant prince se leva, furieux comme son père ; il prit son épée en poussant des cris de colère. Le roi Cruel, en entendant ce tapage, pensa que son ennemi était dans la chambre de son fils, il se jeta sur la porte l’épée à la main, juste au moment où le prince ouvrait cette porte, ayant aussi son épée à la main. L’épée du roi Cruel entra dans le corps du méchant prince, et l’épée du méchant prince entra dans le corps du roi Cruel ; le matin on les trouva morts tous les deux.

    Alors le peuple alla délivrer la pauvre reine et la princesse Joliette et les mit sur le trône à la place du roi Cruel. On ne revit plus la bonne petite souris ; la reine et la princesse en eurent du chagrin, car elles pensèrent qu’un méchant chat l’avait mangée. Moi, je crois plutôt que cette petite souris était une charmante fée, qui était allée faire du bien à d’autres malheureux, quand la reine et Joliette n’eurent plus besoin d’elle.

     

                                                                                                                      D’après Mme d’Aulnoy.

     

     _______________________________________________

    Questions à poser. — 1° Que décida le roi Cruel quand Joliette eut quinze ans? — 2° La reine était-elle contente de ce mariage? — 3° Que fit la petite souris? — 4° Que devinrent la reine et sa fille? — 5° La reine avait-elle bien fait de ne pas donner la petite souris à la vieille femme qui voulait la manger? — 6° Comment s’appelle la qualité que la souris avait montrée?

    Exercices. — 1° Dessiner le lit où dormait le roi Cruel quand la souris lui a mordu le nez. — 2° Relever et écrire les noms communs féminins.


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  • Premières lectures des petites filles.

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    Niveau : 1

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    Le coq du clocher.

    Le coq du clocherLa vieille église, avec les maisons du village rangées autour d’elle, ressemble à une poule entourée de ses poussins… 

    Dans son clocher, il y a une cloche qui sonne les heures, un cadran qui les indique. Et tout en haut, tout en haut, sur une tige de fer plantée dans le clocher, il y a un coq tout doré, qui tourne à tous vents.

    Très souvent, les gens du village lèvent la tête vers le clocher de leur vieille église; ils regardent quelle heure il est, et se dépêchent ensuite de peur de se mettre en retard. Ils regardent aussi le coq tout doré qui tourne à tous vents. Si le coq regarde vers l’est, le paysan dit : « Il va faire beau ». Si le coq doré regarde vers l’ouest, le paysan dit : « Il pourrait bien pleuvoir ce soir ou demain; il faut que je me dépêche de rentrer mon foin ou mon blé ».

    Un jour un vieux pigeon voyageur alla se poser près du coq doré, qui tourne à tous vents sur le haut du clocher. Et le coq doré qui n’avait pas souvent l’occasion de parler, et à qui la langue démangeait, lui dit :

    « Vois comme je suis beau! Tout le monde me regarde et m’admire; je suis le roi de ce pays! »

    Le vieux pigeon voyageur éclata de rire; il savait bien, lui, pourquoi on regardait le coq doré qui tourne à tous vents! ll lui dit: « Tu t’imagines qu’on t’admire, parce qu’on te regarde souvent! Mais si les villageois te regardent, c’est pour savoir d’où vient le vent.

    Pour eux tu n’es pas un roi, tu n’es qu’une girouette. »

    Et le vieux pigeon s’envola en riant de tout son cœur.

    Et le coq doré, qui tourne à tous vents sur le haut du clocher, fut fort vexé parce que le pigeon voyageur s’était moqué de lui; mais il l’avait bien mérité.

    ___________________________________________________

    Questions à poser. — 1° À quoi ressemble la vieille église entourée des maisons du village? — 2° Qu’y a-t-il dans le clocher? — 3° Pourquoi les paysans regardent-ils le coq doré? — 4° Que dit le coq doré au pigeon voyageur? — 5° Que répondit le pigeon? — 6° Quel était défaut du coq doré? — 7° Y a-t-il des petites filles qui aient ce défaut-là

    Exercices. — 1° Le pigeon qui s’est moqué du coq (dessin). — Chercher et écrire six mots de deux syllabes et six mots de trois syllabes.


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  • Premières lectures des petites filles.

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    Niveau : 1

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    I. — LILI FAIT CONNAISSANCE AVEC LA NUIT ET LES É TOILES.

    Lili, les étoiles et le ver luisantLili est sortie quelquefois le soir, mais pas souvent; et quand c’est arrivé, elle dormait sur l’épaule de son papa qui la portait dans ses bras. Car lorsque vient la nuit, il y a un vieux bonhomme qui passe et qui jette du sable dans les yeux des petits enfants. C’est du sable tout fin, tout fin, qui ne fait pas mal aux yeux, mais qui rend les paupières si lourdes que l’on est obligé de les fermer.

    Alors la maman de Lili la prend sur ses genoux; elle la déshabille en chantant doucement :

                      L’homme au sable a passé;

                      Dans les yeux du bébé

                      Il a laissé tomber sa poussière bénie...

    Lili n’en a jamais entendu davantage, car toujours, à ce moment-là, elle est partie pour le pays où vont les âmes des petits enfants quand ils sont endormis. C’est pour cela que Lili, à quatre ans, n’avait pas encore vu la nuit.

    Mais Lili est devenue une grande petite fille, et pour el le l’homme au sable passe un peu plus tard maintenant. On est à la campagne; il fait beau, et comme la nuit vient assez vite le soir, Lili a pu faire connaissance avec elle.

    D’abord, Lili a eu peur de la nuit, parce qu’elle n’aime pas le noir. Et puis, un soir elle a vu les étoiles et elle a cru que c’étaient des yeux sans nombre qui la regardaient; elle est rentrée en tremblant un peu.

    Sa maman lui a dit : « Ces yeux du ciel sont les étoiles. Ce sont de brillants soleils qui sont très loin, très loin. Le ciel plein d’étoiles est bien beau; il ne faut pas en avoir peur. » Et Lili n’a plus eu peur. Elle court volontiers le soir autour de la grande pelouse qui est devant la maison, et elle dit aux étoiles « Vous êtes bien belles.

    _________________________

    Questions à poser. — 1° Qu’arrive-t-il aux petits enfants quand la nuit vient? — 2° Où Lili a-t-elle fait connaissance avec la nuit? ­— 3°Est-ce qu’il y a beaucoup d’enfants qui ont peur de la nuit? ­— 4°Quelles sont ici les petites filles qui n’aiment pas quand il fait nuit? — 5° Est-ce raisonnable d’avoir peur de la nuit? — 6° Que sont les étoiles? — 7° Qui en a vu?

    Exercices. — 1° Dessiner le petit lit où couchait Lili quand l’homme au sable avait passé. — 2° Ecrire les mots oh se trouvent les sans, eux, ieux.

     

    Lili, les étoiles et le ver luisant (suite).

     

    Lili, les étoiles et le ver luisant« Maman ! maman ! crie un soir Lili, viens voir ! Une petite étoile est tombée dans la pelouse. » Maman accourt; elle se demande ce que veut dire Lili, car une étoile ne peut tomber du ciel.

    Lili lui prend la main et la conduit dans un coin de la pelouse. Au pied d’une touffe de violettes, elle lui montre une goutte de lumière qui brille doucement, s’éteint, puis se rallume.

    « Ah! dit la maman, cette jolie étoile de l’herbe est un petit ver luisant. Je vais essayer de le prendre et tu verras que ce n’est pas une étoile. »

    Bien doucement, la maman a pris la petite goutte de lumière et l’a posée sur une feuille. Elle brille toujours; on l’emporte vers la salle à manger où la lampe est allumée.

    Mais alors que voit Lili? Une toute petite chenille noire, un laid petit ver, qu’elle n’ose pas toucher. « C’est cela qui était si joli dans la pelouse, au pied de la touffe de violettes ! — Oui, c’est cela que tu prenais pour une étoile; mais il ne faut pas mépriser cette pauvre chenille noire. Dans la pelouse, elle était à sa place et elle brillait, comme l’étoile est à sa place dans le ciel où elle brille. Il n’est pas donné à tout le monde d’être u ne étoile du ciel; mais chacun doit briller dans le petit coin où il se trouve. »

    Lili ne comprend pas; elle pense que sa maman a dit là une chose pas bien claire, comme cela arrive souvent aux grandes personnes; mais un jour elle sera grande et elle comprendra sûrement ce que maman a voulu dire.

    Elle a pris sur sa main la feuille où le petit ver fait le mort, et elle a été la poser dans l’herbe. Un moment après la petite goutte de lumière a reparu et il a semblé à Lili que l’étoile de l’herbe regardait avec plaisir ses brillantes sœurs du ciel.

    _________________________

    Questions à poser. — 1° Que voit Lili dans la pelouse, un soir? — 2° Que  croyait-elle que c’était? — 3° Que lui a dit sa maman? — 4° Qu’a vu Lili quand le ver luisant a été près de la lampe? — 5° Que veut dire la phrase de sa maman que Lili n’a pas comprise?

    Exercices. — 1° Dessiner la lampe et à côté la feuille de violette sur laquelle le ver luisant fait le mort. — 2° Écrire trois fois les mots: accourt, touffe de violettes, goutte, ver luisant, chenille, mépriser. 3°  Écrire tous les mots où se trouve le son ou.

    L'étoile du soir chant

    L'étoile du soir chant suite


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