• Contributeur : Clinostale.

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    Document présenté pour la première fois dans le sujet Textes de la littérature accessibles à des élèves de ce1-ce2-cm1-cm2 (forum Neoprofs) qui a d'ailleurs donné naissance au blog Littérature au primaire.

    Sur le blog Rédaction au primaire, une séquence de rédaction de Clinostale (la même) vient compléter cette revue du roman d'aventures : elle s'intitule mystérieusement ....

    --> Rédiger le début d'un roman d'aventures <--


    12 commentaires
  • Auteur : Émile GUILLAUMIN

    Ouvrage : La Vie d'un simple

    Contributeur : 21déjà

    Niveaux : 4

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    Tiennou et l'école

     

    Tiennou, analphabète, souhaite que son fils aîné reçoive une instruction. Il s'adresse donc au propriétaire de la terre dont il est le métayer pour obtenir une place gratuite à l'école.

     

    « L'école, l'école... et pour quoi faire sacrebleu ? Tu n'y es pas allé, toi, à l'école : ça ne t'empêche pas de manger du pain. Mets donc ton gamin de bonne heure au travail ; il s'en portera mieux et toi aussi ! (…) Dis-moi un peu ce que tu aurais de plus si tu savais lire, écrire et compter ? L'instruction, c'est bon pour ceux qui ont du temps à perdre. Mais toi, tu passes bien tes journées sans lire, n'est-ce pas ? Tes enfants feront de même, voilà tout... D'ailleurs tu dois savoir qu'une journée de classe coûte au moins vingt-cinq francs. Si tu envoies ton aîné en classe, tu ne pourras guère te dispenser de faire la même chose pour les autres : il t'en faudra de l'argent !

    - Monsieur Frédéric, j'aurais pensé que vous pourriez m'obtenir une place gratuite.

    - Une place gratuite ! Le nombre en est très limité, des places gratuites : il y a toujours dix demandes pour chacune. N'y compte pas, Chose, n'y compte pas … Et je te répète qu'il vaut mieux mettre ton gars à garder les cochons que de l'envoyer à l'école. »

     

    Les enfants de Tiennou n'iront donc pas en classe...

     

    Émile GUILLAUMIN – La Vie d'un simple – Le Livre de Poche

     

     

     

    Questions

    1. Le paratexte

    Le paratexte est l'ensemble de toutes les informations autour du texte.

    a) Quel est le titre de ce texte ?

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    b) De quel roman est-il extrait ?

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    c) Qui l'a écrit ?

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    2. Compréhension générale

    a) Quel est le souhait de Tiennou ?

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    b) Son propriétaire est-il d'accord ?

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    c) Les enfants de Tiennou iront-ils à l'école ?

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    3. Compréhension fine

    a) L'école, dans cette histoire, est payante. Relevez un extrait du texte qui le montre.

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    b) L'école, aujourd'hui, est-elle gratuite ?

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    c) Recherchez le sens des noms suivants :

    • analphabète

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    • métayer

     

    d) Pour quelles raisons un enfant du XXIe siècle va-t-il à l'école ?

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  •  Texte présenté originellement sur école : références

    extrait de
     
    Il faut, nous dit-on, arriver à faire lire vite et à faire aimer la lecture. Quels procédés employer ?


    Nino Littera (source de l'image : ptutoy)

     

        § 1. — Il y a d’abord, du côté du maître, une condition indispensable à remplir : le don de soi-même. L’Amérique le demande pour toutes ses écoles. « Les maîtres sont priés d’enseigner tout avec cœur au jeune enfant. Cela peut ne pas être agréable, mais, c’est le plus grand service qu’on peut rendre. » En France, nos maîtres sauront faire aussi passer le cœur dans leur enseignement ; ce sera un premier élément de succès.
     
        § 2. — Il y a un autre but qu’il ne faut jamais perdre de vue :
        « Enseigner à lire à un enfant ou à un adulte, nous dit encore l’Amérique, c’est lui apprendre à connaître Dieu et ses œuvres. Devant un tel résultat, la plus haute pyramide d’Egypte ou le temple le plus superbe n’est rien. » Dieu et ses œuvres ! N’est-ce pas l’idée religieuse avec toutes ses grandeurs ? Qu’elle soit constamment l’inspiratrice, l’âme de l’enseignement, et qu’elle porte la vie morale chez l’enfant et chez l’adulte.
     
        § 3. — On la cherche dans les livres écrits pour le premier âge. L’Amérique possède une littérature enfantine que nous devons envier sous plus d’un rapport. D’abord, dans presque tous ses livres, de charmantes vignettes, en rapport avec le texte. Elles sourient à l’enfant, elles commandent son attention ; elles les mettent en présence, d’êtres, d’objets qu’il connaît. Comment ne serait-il pas porté à chercher le rôle qu’ils jouent dans le texte qui est là, sous ses yeux ? Sans doute, des efforts seront nécessaires pour qu’il se familiarise avec les caractères inconnus qui le frappent. Mais sa curiosité est excitée ; la fatigue et l’ennui ne se feront pas sentir pendant le travail qui va commencer, sans que, du reste, chaque leçon dure trop longtemps.
     
    http://donnapellegata.blogspot.com/
     
        § 4. — A l’exposition de Vienne, en 1873, on voyait aussi, pour les débuts de l’enseignement de la lecture, des livres illustrés avec beaucoup de soin et de finesse. Ici, comme première leçon d’écriture et de lecture, une fine vignette représentant un poisson, et en regard de l’image le mot Fisch, en caractères d’écriture et d’imprimerie  ; — là, les sept premières pages de la Fibel allemande, remplies de figures représentant également des objets bien connus des enfants, meubles, outils, animaux, maisons. En Russie, même système : des images; au-dessous, des caractères écrits. L’enfant ne tarde pas à les distinguer quant à la forme et quant au son, et à découvrir, par lui-même, l’analogie aidant, le nom de chaque lettre.
     
     
        § 5. — Avons-nous en France, dans nos premiers livres de lecture, ce genre d’illustration qui attire et qui charme, qui parle aux yeux et qui sollicite une intelligence naissante à chercher des idées sous des caractères inconnus ? Oui, dans un certain nombre. Il y a quelques années, Larousse nous avait donné pour les commençants, une Méthode lexicologique de lecture, avec vignettes. Elles n’avaient pas, si l’on veut, le fini que nous présentent les gravures des livres venus de l’étranger; mais enfin l’idée était là. Schüler, dans son Enseignement simultané de la lecture et de l’écriture, ouvre son cours « par trois sortes d’exercices qui ont pour but d’habituer les élèves à concentrer leur attention sur un objet déterminé afin d’en reconnaître et d’en d’écrire la nature, les qualités, l’utilité. » Une petite vignette, puis, au-dessous, le nom de l’être ou de l’objet qu’elle représente; enfin des exercices de langage par l’analyse des syllabes et des sons. L’idée a du bon. Elle demanderait à être plus développée, et les vignettes pourraient être parfois plus nettes. La méthode Néel suggère les mêmes remarques. On se demande pourquoi Dupont, Regimbeau, Béhagnon n’ont pas donné à leurs publications un attrait de même nature. On le trouve sous une forme frappante dans l’Imagerie des connaissances utiles par Linden et dans ses Causeries enfantines. L’Exposition universelle de 1878 nous avait, du reste, donné des publications laissant fort peu à désirer sous ce rapport.
     
     Gad Frederik Clément  
     
    Quand on les a vues, on se demande comment on peut encore tolérer, dans les classes, un syllabaire qui s’ouvre par ces trois lignes :
                a é i o e u.
                p r l m t v d.
                b s j n e g z f.
     
        Est-ce là le premier spectacle à placer sous les yeux des petits enfants ? Est-ce sur ces noirs caractères jetés pêle-mêle et formant par leur réunion quelque chose d’innommable, qu’il faut les condamner à arrêter leurs regards, après qu’ils ont vu, dans la nature, tant de mouvement et tant de vie ?
        Ce n’est pas tout : les maîtres en pédagogie nous recommandent de chercher pour les enfants, dans les débuts de la lecture surtout, des phrases simples, instructives, morales, de proscrire toujours «les mots détachés.» Or, dans le syllabaire dont je parle, et qui est très répandu, se trouvent à la page 10 les bouts de mots que voici :
     
                par soc mul dur cul
                rit vec gar ler dic
                ser sel sac mec noc.
     
        Et ce syllabaire fait partie d’un cours complet de lecture qui n’a guère plus de valeur, et que ses auteurs ont su introduire dans un très grand nombre d’écoles.
     
        § 6. — Que les éditeurs qui disposent de ressources considérables nous donnent donc — et ils le peuvent — des Lectures, des Historiettes et Poésies dans le genre de celles que publient l’Allemagne, l’Amérique et l’Angleterre. Du reste, hâtons-nous de le reconnaître, nos grandes maisons de librairie, Belin, Colin, Delagrave, Delalain, Dupont, Hachette, etc. nous livrent, depuis quelques années, des ouvrages aussi bien exécutés que conçus. Voilà pourquoi l’on regrette vivement de trouver encore des livres semblables à ceux que nous avons signalés.
     
    http://donnapellegata.blogspot.com/
     
        § 7. — Ce qui doit dominer dans nos livres de lecture, le voici, ce semble. Il faudrait toujours offrir aux enfants des idées fraîches, comme on l’est à leur âge : — dans les lignes sur lesquelles ils arrêtent leurs regards, ils devraient voir circuler la vie qui coule dans leurs veines, si abondante et si riche. Mais quelquefois ce sont des pensées graves, des abstractions, presque des théories philosophiques qu’on les condamne à lire ; — la vie ne palpite pas sous l’expression qui est sèche et froide. — Il serait bon de se servir de la lecture pour leur montrer comment on peut enchaîner et conduire plusieurs idées, passer sans effort de l’une à l’autre et en former un tout semblable à ces petits drames qui intéressent avec leur commencement, leur milieu, leur fin. Au lieu de cela, des phrases sans lien, des bouts de pensée qui se heurtent et sont fort étonnés de se rencontrer. Aussi, quand il s’agit de faire une composition française, si simple qu’elle soit, les élèves se trouvent incapables de lier deux idées et ils reproduisent le tohu-bohu de leurs livres. — Je voudrais aussi un livre spécial pour chaque division et toujours des lectures propres à élever l’esprit et le cœur : nos devoirs envers Dieu, envers la famille et la société leur seraient présentés sous une forme attrayante; la vertu viendrait à eux oublieuse d’elle-même, comme elle l’est toujours, mais se trahissant par je ne sais quel reflet divin de bonté, de douceur, de délicatesse qui la fait aimer. On arrêterait les enfants en présence de l’épreuve supportée avec courage, du travail et de l’économie couronnés par le succès, du patriotisme qui inspire et soutient les grands dévouements. Il y aurait là une haute leçon de moralité, et c’est ainsi qu’il faut préparer l’âme des enfants à entrer dans la vie, si l’on veut qu’elle soit toujours honnête et droite, religieuse et animée d’un pur et véritable patriotisme.
     
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