• Calligrammes (retour sommaire)

                                       Calligrammes (Apollinaire, Birot, Leiris)

    Calligramme "À Lou" de Guillaume Apollinaire (1885-1918).


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  • À qui la faute ? (Victor Hugo)


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

    - Oui.
    J'ai mis le feu là.

    - Mais c'est un crime inouï !
    Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
    Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
    C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
    Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
    C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
    Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
    Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
    Une bibliothèque est un acte de foi
    Des générations ténébreuses encore
    Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
    Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
    Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,
    Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
    Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
    Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
    Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
    Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
    Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
    Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
    Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
    Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
    De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
    As-tu donc oublié que ton libérateur,
    C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
    Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
    Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
    Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
    Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
    Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
    L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
    Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
    Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
    Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
    Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
    À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,
    Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
    Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
    Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
    Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
    Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
    Car la science en l'homme arrive la première.
    Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
    C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
    Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
    Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
    Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
    Car toute conscience est un noeud gordien.
    Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
    Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
    Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
    Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
    Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
    Le progrès, la raison dissipant tout délire.
    Et tu détruis cela, toi !

    - Je ne sais pas lire.

     

    (Je mets ici à disposition le poème en entier mais il est évidemment possible de n'en donner qu'une partie à apprendre)

    Auteur : Victor Hugo. Genre : poésie.

    Source de l'image : http://chaquehomme.canalblog.com/archives/2006/06/26/2173225.html


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  • genre : poésie

    auteur : Pierre Menanteau

    source : Mico, mon petit ours (2e livret)

     

    Ah! que la terre est belle ! (poésie de Pierre Menanteau)

     

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    D'autres poésies du même auteur :

    * Berceuse pour endormir le petit éléphant

    * Bruits de la terre

    * Histoire du petit chat enfermé dans l'armoire

    * Le Vieux et son Chien

    * Printemps

     

     


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  • Auteur : Arthur Rimbaud

    Recueil : Poésies

    Genre : poésie

    Niveau : 3

    Source : Lisons CE2.

     

     

    AH, C'ÉTAIT SI CHARMANT (Arthur Rimbaud)

     


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  • Auteur : Rémy de Gourmont.

    Recueil : Divertissements (Mercure de France).

    Genre : poésie

    Niveau : 3

    Source : Lisons, Lisette CE2 (1978).

    Illustratrice : Gerda Muller.

     

    ALLONS AU VERGER (Rémy de Gourmont)

     

     

    Choix de poésies (Mareuil, Goupil, Oiseau bleu CE1)

    ALLONS AU VERGER (Rémy de Gourmont)

     


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  •  

    source de l'image : Lisons, Lisette CP-CE1.

     

     

    Chanson pour sauter à la corde

     

    La grenouille se marie

     

    Avec un alligator

     

    Et tout le monde lui dit

     

    Grenouille vous avez tort

     

    Oui mais la grenouille rit

     

    Elle rit de plus en plus fort

     

    Et dit si je me marie

     

    Avec un alligator

     

    C'est pour avoir des enfants

     

    Avec cent quatorze dents

     

    Une grenouille avec des dents

     

    Voilà qui est amusant

     

    Une deux trois quatre

     

    La grenouille veut se battre

     

    Cinq six sept huit

     

    Allez vous cacher bien vite

     

    Neuf dix onze douze

     

    La grenouille est très jalouse

     

    Treize quatorze quinze seize

     

    De toutes les grenouilles anglaises.

     

    ANNE SYLVESTRE, Fabulettes (Livre-Disque Philips EIE 9183).

     


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  • Mon père, ce héros au sourire si doux,
    Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous
    Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
    Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,
    Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
    Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.
    C'était un Espagnol de l'armée en déroute
    Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
    Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.
    Et qui disait: " A boire! à boire par pitié ! "
    Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
    Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
    Et dit: "Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. "
    Tout à coup, au moment où le housard baissé
    Se penchait vers lui, l'homme, une espèce de maure,
    Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,
    Et vise au front mon père en criant: "Caramba! "
    Le coup passa si près que le chapeau tomba
    Et que le cheval fit un écart en arrière.
    " Donne-lui tout de même à boire ", dit mon père.

     

     

    Victor Hugo (1802-1885)

     

    La Légende des Siècles

     

     

     

    Poème proposé par Charivari dans le sujet Vos poésies préférées pour le cycle III (EDP).

     

    Thèmes : Bonté, courage, honneur.

     

    D'autres poésies de Victor Hugo : voir ici.

     


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  •  

    Automne malade (Guillaume Apollinaire)Automne malade

    Automne malade et adoré
    Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
    Quand il aura neigé
    Dans les vergers

    Pauvre automne
    Meurs en blancheur et en richesse
    De neige et de fruits mûrs
    Au fond du ciel
    Des éperviers planent
    Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
    Qui n’ont jamais aimé

    Aux lisières lointaines
    Les cerfs ont bramé

    Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
    Les fruits tombant sans qu’on les cueille
    Le vent et la forêt qui pleurent
    Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
    Les feuilles
    Qu’on foule
    Un train
    Qui roule
    La vie
    S’écoule.
     
    Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913.
     
    Deux chansons interprétées par Léo Ferré : Y'a une étoile" et "Automne malade"

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  • Auteur : Gérard de Nerval

    Recueil : Odelettes

    Genre : poésie

    Niveau : 3 à 5

    Source : Lisons CE2.

     

    AVRIL (Gérard de Nerval)

    AVRIL (Gérard de Nerval)

     

    Manuel ancien : R. Millot, L'Enfant et la lecture CM2, Belin, 1968.

     

    Illustré par Gerda Muller.

     

    Niveau 5 (CM2).

    AVRIL (Gérard de Nerval)

     


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  • C'était, dans la nuit brune,
    Sur un clocher jauni,
    La lune,
    Comme un point sur un "i".

    Lune, quel esprit sombre
    Promène au bout d'un fil,
    Dans l'ombre,
    Ta face et ton profil ?

    Es-tu l'oeil du ciel borgne ?
    Quel chérubin cafard
    Nous lorgne
    Sous ton masque blafard ?

    Est-ce un ver qui te ronge
    Quand ton disque noirci
    S'allonge
    En croissant rétréci ?

    Es-tu, je t'en soupçonne,
    Le vieux cadran de fer
    Qui sonne
    L'heure aux damnés d'enfer ?

    Sur ton front qui voyage,
    Ce soir ont-ils compté
    Quel âge
    A leur éternité ?

    Qui t'avait éborgnée
    L'autre nuit ? T'étais-tu
    Cognée
    Contre un arbre pointu ?

    Car tu vins, pâle et morne,
    Coller sur mes carreaux
    Ta corne,
    A travers les barreaux.

    Lune, en notre mémoire,
    De tes belles amours
    L'histoire
    T'embellira toujours.

    Et toujours rajeunie,
    Tu seras du passant
    Bénie,
    Pleine lune ou croissant.

    Et qu'il vente ou qu'il neige,
    Moi-même, chaque soir,
    Que fais-je,
    Venant ici m'asseoir ?

    Je viens voir à la brune,
    Sur le clocher jauni
    La lune
    Comme un point sur un "i".

    Je viens voir à la brune,
    Sur le clocher jauni,
    La lune,
    Comme un point sur un "i".


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