• Le petit Sapin - Cone Bryant (Niveau 2)

    Histoire faisant partie de : Miss Sara Cone Bryant, Comment raconter des histoires à nos enfants

    Texte proposé par Sowandi (Merci)

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    Le Petit Sapin 

     

                Il était une fois un petit sapin, tout mince, pointu, et brillant, qui poussait au milieu d’une grande forêt, parmi de nombreux autres sapins, grands, hauts, touffus et d’un vert profond. 

     

                Le Petit Sapin était très malheureux, car il n’était pas aussi grand que les autres. Quand les oiseaux venaient voler au milieu des bois et qu’ils se posaient sur les branches des grands arbres, il avait l’habitude de leur demander : 

      - Venez, venez, venez vous reposer sur mes branches! 

       Mais, ils répondaient toujours : 

      - Oh, non, non, tu es beaucoup trop petit! 

     

                Et, quand le vent puissant venait souffler et chanter à travers la forêt, il courbait et il faisait osciller les cimes des grands arbres, tout en leur murmurant. 

       Alors, le Petit Sapin regardait vers le haut et il l’appelait : 

      - Oh, s’il te plaît, cher vent, descends et joue avec moi! 

       Mais ce dernier répondait toujours: 

      - Oh, non; tu es trop petit, tu es trop petit! 

     

                Et en hiver, alors que la neige blanche descendait doucement, doucement, pour couvrir les grands arbres tout autour de manteaux et de bonnets merveilleusement blancs. 

       Le Petit Sapin, surplombé par les autres la suppliait: 

      - Oh, s’il te plaît, chère neige, recouvre-moi d’un bonnet moi aussi! J’en veux un moi aussi! 

       Mais la neige répondait toujours : 

      - Oh non, non, non, tu es trop petit, tu es trop petit! 

     

                Le pire était quand des hommes venaient dans les bois, avec des traîneaux et des équipages de chevaux. Ils venaient couper les grands arbres pour les emmener. 

       Et, quand l’un d’entre eux avait été abattu et emmené au loin, les autres parlaient de lui en secouant la tête. 

       Et, le petit sapin écoutait attentivement, et il les entendait dire que quand on vous emmenait ainsi, c’était pour faire de vous le mât d’un puissant navire, qui allait loin à travers les océans pour découvrir bien des choses merveilleuses; ou bien vous deveniez une partie d’une belle maison dans une grande ville, et vous découvriez bien des choses. 

       Le petit Sapin désirait ardemment découvrir toutes ces choses, mais il était toujours trop petit et les hommes passaient devant lui sans le regarder. 

     

                Mais, par une froide matinée d’hiver, des hommes vinrent avec un traîneau et des chevaux, et, après avoir fait quelques coupes ici et là, ils s’approchèrent du cercle d’arbres autour du Petit Sapin pour les observer. 

      - Il n’y en a pas d’assez petit, disaient-ils. 

       Oh! comme le Petit Sapin dressait ses aiguilles! 

      - En voilà un, dit l’un des hommes, il est juste assez petit. Et il toucha le Petit Sapin. 

        Le Petit Sapin était joyeux comme un oiseau, car il savait qu’ils allaient le couper. 

        Et, quand on l’emmena sur le traîneau, il se demandait, avec beaucoup de satisfaction, s’il allait devenir le mât d’un navire, ou faire partie d’une belle maison dans une ville. 

     

                Mais, quand ils parvinrent à la ville, il fut emmené et planté droit dans un pot, et il se retrouva aligné, au bord d’un trottoir avec d’autres sapins; tous de petite taille mais quand même un peu plus grands que lui. 

        Et alors, le Petit Sapin se mit à observer. 

       Les gens venaient pour regarder les sapins et les emporter. Mais, à chaque fois qu’ils voyaient le Petit Sapin, ils secouaient la tête en disant : 

       - Il est trop petit, trop petit. 

     

                Jusqu’à ce que, finalement, deux enfants viennent, la main dans la main, en observant attentivement les petits sapins. Quand ils aperçurent le Petit Sapin, ils s’exclamèrent : 

       - Nous prenons celui-là, il est juste assez petit! 

       Ils le sortirent de son pot, et ils l’emportèrent entre eux. 

     

                Et le Petit Sapin, tout joyeux, passa tout ce temps à se demander quel serait cet emploi pour lequel il était juste assez petit; il se doutait bien qu’il y avait peu de chance qu’il s’agisse d’un mât ou d’une maison, puisqu’il avait été emporté par des enfants. 

       Il se le demandait encore, tandis qu’il le faisait passer par de grandes portes, pour l’installer dans un autre pot, sur une table, dans une petite pièce vide. 

       

                Bientôt, ils partirent pour revenir en portant entre eux un grand panier.

       Ensuite de belles dames avec des petits bonnets blancs sur la tête et des tabliers blancs sur leur robe bleues apportèrent de petits paquets. 

       Les enfants sortirent le contenu du panier et ils commencèrent à jouer avec le Petit Sapin, de cette même façon dont il avait si souvent supplié le vent, la neige et les oiseaux. 

       Il sentait leurs caresses sur sa tête, ses aiguilles et ses branches. 

      

                Et, quand il se regarda, partout où il regardait, il voyait qu’il était recouvert de chaînes d’or et d’argent! 

        Il y avait des guirlandes blanches toutes duveteuses qui pendaient tout autour de lui; ses branches portaient des petits glands dorés, des boules roses et des étoiles d’argent; il tenait dans ses bras de jolies bougies roses et blanches; mais, le plus merveilleux était que les enfants avaient placé un joli angelot blanc sur sa tête! 

        Le petit Sapin n’arrivait plus à respirer tant il était heureux et émerveillé. 

        Qu’était-il donc devenu? Pourquoi toutes ces merveilles pour lui? 

     

                Après un temps, tout le monde partit et il resta seul. 

       Il faisait de plus en plus sombre, et le Petit Sapin commença à entendre des bruits étranges à travers les portes fermées. 

       Parfois, il entendait un enfant pleurer. Il faisait de plus en plus noir. 

        Les portes s’ouvrirent d’un coup et les deux enfants entrèrent. 

       Deux des jolies dames les suivaient. Ils s’approchèrent du Petit Sapin, et rapidement, ils allumèrent toutes les petites bougies roses et blanches. 

     

                Les deux jolies dames prirent alors la table avec le Petit Sapin dessus, et elle la poussèrent rapidement, avec beaucoup de douceur à travers les portes dans un couloir, et encore à travers une autre porte. 

        Le Petit Sapin se retrouva brusquement dans une grande pièce remplies de petits lits blancs, avec dans les lits des enfants soutenus par des oreillers, avec d’autres enfants dans des chaises avec de grandes roues, et d’autres encore boitant ou assis dans de petites chaises.

     

                Il se demanda pourquoi tous ces enfants avaient l’air pâle et fatigué; il ne savait pas qu’il se trouvait dans un hôpital. 

        Mais, avant qu’il ne puisse s’émerveiller davantage, il eut le souffle coupé par le cri que poussèrent tous ces enfants. 

       - Oh! oh! m-m! m-m! crièrent-ils. Comme il est joli! Comme il est beau! Oh, n’est-il pas merveilleux! 

       Il sut qu’ils devaient parler de lui, car tous leurs yeux brillants étaient braqués sur lui. Il se tint, aussi droit que le mât d’un navire, et il frissonna de joie de toutes ses aiguilles. 

       Bientôt, une petite voix faible d’enfant déclara: 

       - C’est le plus bel arbre de Noël que j’ai jamais vu! 

     

                Et alors, enfin, le Petit Sapin sut ce qu’il était; il était un sapin de Noël! 

     

                Il en était heureux, de sa tête brillante jusqu’à ses pieds, car il était juste assez petit pour être l’arbre le plus merveilleux du monde. 

     

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