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    La main de bois

    II y a eu un grand dîner ce soir chez Poum ... Tandis qu'il dînait seul dans sa chambre, les invités se sont gorgés de petits choux. Et de quels choux! Pleins d'une crème ...! Ah! Quelque chose d'exquis.

    Il s'est plaint avec aigreur à la bonne. « Vous en aurez demain, a-t-elle dit, il en reste. » Demain! Quel cerveau de bois, quel cœur de pierre, cette Bertha ! Comment ose-t-elle parler de demain? Mais demain les choux auront la lourdeur d'un beignet froid; la crème sera tournée ; au lieu d'un régal des dieux, Poum ne mâchera qu'une pâtisserie de troisième ordre.

     

    II ne peut dormir. Il les voit. Combien en reste-t-il ? Trois, quatre, six, sur une assiette garnie de papier de dentelle, dans le bas du buffet de la salle à manger. Car c'est là qu'ils sont, accroupis, tous en rond. Qu'est-ce qu'ils se disent ?

    Penser qu'ils sont tout frais encore! En somme, on spolie Poum. Il a droit, pas à tous, non, mais à deux au moins, ou à trois. Qu'est-ce que ça peut bien faire, qui ça gêne-t-il, à qui cela fait-il tort, qu'il les mange demain ou ce soir ?

    Poum ne peut dormir. Cependant il est très tard. Tout le monde est couché. Quelle tentation, cependant! Qui le verra? Qui l'entendra ? Personne. Ouvrir sans bruit la porte, se couler dans l'escalier, pénétrer dans la salle à manger; le buffet est à gauche, et la clé sur le battant.

    Mais que dira-t-on en s'apercevant du vol? On accusera le chat? Bah! On ne remarquera rien! Deux, disons trois choux à la crème, sont-ils destinés à Poum, lui appartiennent-ils, oui ou non?

    « Oui! Alors, en avant!

    — Voleur!

    — Hein? Qui a parlé? Plaît-il ? Y a-t-il quelqu'un dans le mur, ou sous le lit? Un souffle, à peine, mais Poum a très distinctement entendu. Voleur, lui! — Absurde! En avant! Marche! »

    La serrure grince, la porte crie, l'escalier craque, la porte de la salle à manger résiste et geint. Le buffet ... la clé sur le battant ... un tâtonnement; en voilà un, un autre, il y en a six, blottis comme des lapins !

    Vite, vite, Poum avale trois petits choux. Encore un. Là, le crime commence. Mais, s'arrête-t-on sur la pente du vice? Un cinquième? Poum, malheureux, ta conscience te regarde ... Non pas le sixième, il est si petit, c'est le dernier, un orphelin. Pitié pour lui, Poum! Petit scélérat, il l'a mangé!

     

    Un bruit! Poum, éperdu, veut s'enfuir; mais le battant du buffet s'est refermé sans bruit, et pince et retient la chemise de Poum; il croit qu'une main le happe et pousse des hurlements.

    Toute la maison s'éveille: l'escalier s'éclaire, la salle à manger flamboie. Ô honte! Maman, Bertha, le père de Poum tenant un gourdin, Firmin le domestique armé d'un fusil de chasse !

    Et Poum devant tout ce monde, prisonnier de la main de bois vengeresse !

     

     

    Paul Margueritte (1860 – 1918) et Victor Margueritte (1866 – 1942) — Poum (Plon, édit.).

     

    ils se sont gorgés : ils en ont trop mangé, jusqu’à la gorge – choux : ici, des gâteaux à la crème -  avec aigreur : d’une manière désagréable – de troisième ordre : de qualité médiocre, de mauvaise qualité-  on spolie : on vole – se couler : se glisser sans bruit –

    le battant : un des panneaux de la porte – elle geint : elle gémit comme pour se plaindre – le vice : le mauvais comportement –

    scélérat : voleur – éperdu : affolé – le happe : l’attrape brusquement et le retient – vengeresse : qui se venge

     

     

    vocabulaire

    1 - Donne un synonyme de exquis (l. 2). …………………………………………..

    2 - Donne un mot de la même famille que honte (l. 29). …………………………………………..

     

     

     

     

    le texte

    1 - Donne un autre titre possible. …………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    2 – Ecris les cinq évènements principaux de ce texte dans l’ordre chronologique.

    1. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..……………………
    2. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..……………………
    3. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..……………………
    4. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..……………………
    5. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..……………………

    3 – Complète ce résumé : Ce texte raconte comment ……………….. , un petit garçon, se relève …………..……………..… pour

    aller ………………………….. des …………………….………………..……………….. . Il fait tant de …………………….. qu’il …………………………… tout le monde .

     

    grammaire

    1 - Relève une phrase exclamative. …………………………..…………………………………………..……………………………………..……………….

    2 - Relève une phrase injonctive. …………………………..…………………………………………..……………………………………..……………….

    3 – A la ligne 1, relève un AQ et donne sa fonction. …………………………..…………………………………………..………………………………

    4 – A la ligne 24, relève un AQ et donne sa fonction. …………………………..…………………………………………..……………………………

     

    questions

    1 – ligne 8 : « II ne peut dormir. Il les voit ». Que représente le pronom en gras ? Poum les voit-il vraiment ?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    2 - Qui parle à la ligne 18?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    3 – Combien Poum mange-t-il de choux?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    4 – Que tient le père de Poum ? Et Firmin ? Pourquoi sont-ils armés?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

     

    écriture : Raconte une bêtise que tu as faite.         /5             sens            syntaxe            ponctuation

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

     

     


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  • Texte proposé par Fugue

     

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     Le coq qui ressuscite

     

     

    Ma tante Babette-Zoé, qui attendait sa belle-fille à dîner le dimanche de la Trinité, se décida à tuer son vieux coq pour le bouillon… N’osant pas le tuer avec un couteau, elle s’approcha du coq par derrière, son sabot à la main, lui en asséna un grand coup sur la tête, et l’oiseau tomba assommé.

     

    Elle fut quérir le panier d’osier où elle séchait sa provision de plume. Puis, pour ne point salir la chambre fraîchement curée et le carreau passé au rouge, elle s’installa dans l’allée et se mit à la besogne.

    Elle pelait le duvet du ventre ; elle mouillait son pouce de salive pour les plumes du dos ; elle tirait à deux mains pour avoir les pennes des ailes.

     

    En travaillant, elle était tour à tour triste que son vieux coq fût tué, et satisfaite qu’il fût si beau, si bien en chair, avec la cuisse où il juchait grosse, sans mentir, comme un poing d’enfant.

    Souvent elle s’arrêtait pour le soupeser. Elle se disait avec plaisir qu’il en resterait, après le dîner, pour sûr de quoi manger froid à souper.

     

    Le soir tomba. Tante Babette déposa donc le coq plumé sur la planche du dressoir, secoua les folles plumes de ses vêtements, soupa et monta se coucher.

     

    Or, au matin, tante Babette se leva et descendit. Pour allumer son feu, elle jetait dans l’âtre quelque menu bois, quand elle poussa un cri perçant. Couché dans une corbeille à pain, serrée sur elle-même, se tenait une petite bête extraordinaire à peau jaune et bleue, sans plumes ni poils, avec de gros os saillants, des griffes écailleuses, un derrière pointu et un long cou fripé. Alors Tante Babette aperçut aussi un bonnet rouge vif  et flottant, et de petits yeux dorés qu’elle avait déjà vus ; et elle joignit les mains.

    C’était son vieux coq mal assommé et tout plumé qui, vivant encore, avait sauté, la nuit, du dressoir, et se chauffait. Elle n’eut pas seulement l’idée de l’empêcher de nouveau de vivre. Tante Babette n’avait voulu que manger son coq et non lui faire du mal. Et à présent il était si peineux, que ce fut en pleurant qu’elle l’enveloppa d’un fichu, le lui nouant autour du ventre avec le nœud sur le croupion.

     

    Elle lui fournit du pain en abondance et de l’eau. Elle le soigna au coin du feu comme un malade, et ne le laissa voir à personne, pas même aux poules, en cette minable guise. Et lui, durant l’été, il se rempluma de léger duvet. Il put sortir. Content de vivre, il continua de chanter de son mieux.

    Mais le dimanche de la Trinité, cette année-là, Tante Babette n’offrit à sa bru que du bouillon de bœuf.

     

     

    Louis Delattre (1870 – 1938), Anthologie des auteurs belges (Crès, édit.)

     

    le dimanche de la Trinité : fête chrétienne célébrée après Pâques – elle asséna un grand coup: elle porta un coup avec violence

    elle fut quérir: elle alla chercher – curée: nettoyée – le duvet: plumes fines et légères - les pennes: les longues plumes des ailes

    la cuisse où il juchait: la patte sur laquelle le coq était perché (coqs et poules dorment debout sur une patte)

    le dressoir: buffet à étagères pour ranger la vaisselle

    l’âtre: partie de la cheminée où on fait le feu - un bonnet rouge vif  et flottant: ici, la crête du coq

    peineux (vieux mot): misérable - en cette minable guise : avec cet aspect minable, pitoyable - bru : belle-fille 

     

    vocabulaire

    1 - Donne un nom et un AQ de la même famille que travaillant (l. 16). …………………………………………………………………………..

    2 - Donne un synonyme de soupa (l. 10). …………………………………….

     

    le texte

    1 - Donne un autre titre possible. …………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    2 – Ecris les cinq évènements principaux de ce texte dans l’ordre chronologique.

    1. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..……………………………
    2. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..………………………………
    3. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..………………………………
    4. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..………………………………
    5. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..………………………………

    3 – Complète ce résumé : Ce texte raconte comment ………………………………………………….. plume son …………..……………..… et s’aperçoit le lendemain qu’il n’est pas …………………………… . Elle décide alors de le ……………………………..  jusqu’à ce que ses plumes aient ……………………………………………. .

     

    grammaire

    1 - Relève une phrase négative. …………………………..……………………………………………..…..……………………………………..……………….

    2 – A la ligne 10, relève un AQ et donne sa fonction. …………………………..……………………..…………………..………………………………

    3 – A la ligne 15, relève un AQ et donne sa fonction. …………………………..………………………..…………………..……………………………

    4 – Aux lignes 28 à 30, relève tous les mots qui désignent le coq. …………..……………………….………………………………..……………

     

    questions

    1 – Où vit tante Babette? Justifie ta réponse.

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    2 – Pourquoi tante Babette joint-elle les mains? (ligne 22)

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    3 – Cette histoire se passe-t-elle de nos jours? Justifie ta réponse.

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

     

    écriture : Le coq raconte aux poules ce qui lui est arrivé.          /5            sens            syntaxe            ponctuation

    J’étais en train de picorer quelques graines quand soudain …………………………………………………..………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

     


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    Quand Noé eut rassemblé les animaux devant l’arche, il se dit : «  Toutes ces bêtes vont sûrement se disputer et se mordre les oreilles. Il serait donc prudent de leur enlever les oreilles avant de les faire entrer dans l’arche. On les leur rendra à la sortie. »

     

    Il fit installer un vestiaire, et donna l’ordre à son fils d’y ranger les oreilles à mesure que les bêtes se présentaient.

    Le premier fut le chameau ; puis vint le cheval, puis la vache, puis le chien, puis le mouton, puis le cochon, le chat, l’éléphant, le lapin… et enfin l’âne. Et tous, comme Noé l’avait commandé, ôtèrent leurs oreilles et tous reçurent un numéro de vestiaire, attaché à un cordon qu’ils se passèrent autour du cou.

    Grâce à ces précautions, la paix régna dans l’arche pendant les quarante jours que dura le déluge.

     

    Le quarante et unième jour, Noé dit aux animaux : «  Voilà le beau temps revenu. Je vais vous rendre vos oreilles et vous pourrez retourner chez vous. »

    Alors, l’une après l’autre, toutes les bêtes passèrent au vestiaire, et elles reçurent leurs oreilles en échange du numéro.

    Le chameau arriva l’avant-dernier. Il ne restait plus que deux paires d’oreilles : les siennes, très grandes, et celles de l’âne, toutes petites…

     

    Mais avant que le bon chameau pût montrer son numéro, l’âne lui passa entre les jambes et se mit à brailler :

    «  Monsieur Noé ! Monsieur Noé ! Donnez-moi mes oreilles ; c’est cette grande paire-là. Je suis très pressé ! »

    Le père Noé  était si fatigué qu’il ne fit pas attention au faux numéro que lui remit l’âne sournois : «  Tu me casses la tête ! Tiens, voilà ton bien, décampe ! »

    Et Noé  donna les superbes oreilles du chameau à l’âne, qui s’enfuit en pétaradant de joie

    Quand le chameau ouvrit enfin ses babines pour réclamer son du, il n’y avait plus dans le vestiaire que les oreilles de l’âne, dont il dut se contenter.

     

    Et voilà pourquoi le chameau, qui est une bête de grande taille, a des oreilles si courtes, tandis que l’âne, qui est beaucoup plus petit, en a de si longues

     

     

    Jules Lemaître (1853 – 1914), Petits contes (Mame, édit.)

     

    l’arche: Dans la Bible, bateau construit par Noé pour échapper au déluge.

    un vestiaire : Dans un lieu public, endroit où on dépose son manteau ; en échange, on reçoit un numéro

    le déluge : Pluie tellement forte qu’elle inonde tout ; dans l’histoire de Noé, la Terre est recouverte par l’eau.

    brailler : crier fort

    sournois : ici, rusé et mauvais

    décampe : mot familier qui signifie « va-t-en »

    en pétaradant de joie: en poussant des cris de joie

    les babines : les lèvres d’un animal

    dont il dut se contenter: Il est bien obligé d’accepter les oreilles de l’âne.

    son du: ce qu’on lui doit

     

     

    vocabulaire

    1 - Donne un synonyme de ôtèrent (l. 7). …………………………………………..

    2 - Donne un mot de la même famille que numéro (l. 8). …………………………………………..

     


    le texte

    1 - Donne un autre titre possible. …………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    2 – Ecris les trois évènements principaux de ce texte dans l’ordre chronologique.

    1. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..……………………………
    2. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..………………………………
    3. …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..………………………………

    3 – Complète ce résumé : Ce texte raconte comment ………………………….. réussit, par la ………………………, à échanger ses ………………………….. oreilles contre les ………………………….. oreilles du ………………………….. .

     

    grammaire : Relève les 7 AQ du 4ème paragraphe.

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

     

    questions

    1 – Pourquoi Noé demande-t-il aux animaux d’enlever leurs oreilles ?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    2 - Qui range les oreilles dans le vestiaire ?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    3 - Comment les animaux gardent-ils leurs numéros de vestiaire ?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    4 - Combien de jours le déluge dure-t-il ?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    5 - Pourquoi Noé ne se rend-il pas compte que l’âne l’a trompé ?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    6 – Dans le paragraphe 4, quels mots nous montrent que le chameau accepte les oreilles de l’âne?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    7 – A ton avis, pourquoi l’âne veut-il les oreilles du chameau ?

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    8 – Le texte dit que Noé est fatigué. Donne une raison possible de sa fatigue.

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

     

    écriture : A la place du chameau, qu’aurais-tu fait ?         /5            sens             syntaxe             ponctuation

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

    …………………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..…………………………………………..

     

     


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  • Le feuilleton d'Hermès

     


     Donnez à vos élèves ou enfants l'envie de lire le livre : 2 premiers épisodes

    Le Feuilleton d'Hermès est utilisée dans deux classes de CP comme moyen d'augmenter la culture des enfants et d'enrichir leur vocabulaire :

    Classe de CP de Néris les Bains (Jean-Pierre Picandet) dont nous recommandons fortement la visite.

    Classe de CP d'Amalthée (blog jumeau de celui de JPP ; même conseil : allez y voir)


    Blog Le feuilleton d'Hermès : blog créé par JPP et Amalthée en l'accord avec l'auteur Murielle Szac pour leurs leçons sur ce livre.


    Table des matières (100 épisodes)

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    Feuilletez le livre (extraits) sur Amazon

    1er épisode, où l’on assiste à la naissance d’Hermès

    2e épisode, où Hermès invente le feu

    3e épisode, où l’on assiste à une énorme colère d’Apollon

    4e épisode, où Hermès découvre le palais de son père

    5e épisode, où Hermès rencontre Zeus, son père

    6e épisode, où Hermès séduit son frère grâce à la lyre

    7e épisode, où Hermès apprend à voir un univers invisible

    8e épisode, où Hermès apprend à deviner l’avenir

    9e épisode, où Hermès assiste à la naissance du monde        

    10e épisode, où Hermès comprend qu’il est immortel

    11e épisode, où Hermès découvre qu’il peut voler

    12e épisode, où Hermès comprend l’origine du jour et de la nuit

    13e épisode, où Hermès rencontre les Géants aux cent bras

    14e épisode, au cours duquel Hermès fait la connaissance des Cyclopes

    15e épisode, où Héra met au monde un bébé monstrueux

    16e épisode, où un complot se trame contre Ouranos

    17e épisode, où Hermès assiste au premier crime du monde  

    18e épisode, qui voit naître la beauté

    19e épisode, où Hermès se lie d’amitié avec sa sœur Artémis

    20e épisode, dans lequel Artémis refuse de protéger le nouveau bébé d’Héra

    21e épisode, où Hermès apprend le secret d’Artémis  

    22e épisode, où Hermès découvre Cronos dévorateur 

    23e épisode, qui voit naître le grand Zeus

    24e épisode, au cours duquel un mystérieux artiste entre au palais

    25e épisode, qui consacre le triomphe d’Héphaïstos

    26e épisode, où Zeus apprend le secret de sa naissance

    27e épisode, où Zeus se venge de Cronos

    28e épisode, où Hermès sauve son père

    29e épisode, au cours duquel Zeus tombe amoureux d’Europe

    30e épisode, où Apollon tombe lui aussi amoureux

    31e épisode, qui voit l’extraordinaire naissance d’Athéna

    32e épisode, où Hermès rencontre Prométhée    

    33e épisode, où Hermès assiste à la création de l’homme

    34e épisode, au cours duquel Prométhée montre qu’il est très rusé

    35e épisode, où Prométhée vole le feu aux dieux

    36e épisode, dans lequel net Pandora, la première femme du monde

    37e épisode, où l’on découvre la punition de Prométhée

    38e épisode, où la curiosité de Pandora déclenche une catastrophe épisode,

    39e épisode, dans lequel Hermès est envoyé en mission auprès de Prométhée

    40e épisode, où Hermès assiste au sauvetage de Prométhée

    41e épisode, où Dionysos sort de la cuisse de son père

    42e épisode, où la jalousie d’Héra poursuit la jeune Io           

    43e épisode, où l’on croise un extraordinaire couple d’amoureux, Philémon et Baucis

    44e épisode, où Hermès est invité à un bien étrange dîner  

    45e épisode, au cours duquel un déluge recouvre la Terre

    46e épisode, où Deucalion et Pyrrha sont sauvés des eaux

    47e épisode, quand une nouvelle race d’hommes naît, les hommes de pierre

    48e épisode, où Hermès redevient voleur

    49e épisode, dans lequel Hermès est bien puni

    50e épisode, pendant lequel Hermès rencontre le mystérieux Charon

    51e épisode, où Hermès se retrouve face à face avec Cerbère

    52e épisode, où Hermès fait son entrée au royaume des morts

    53e épisode, où Hermès découvre les profondeurs du Tartare

    54e épisode, où Hermès accepte une nouvelle mission

    55e épisode, dans lequel Zeus accroche des étoiles au ciel

    56e épisode, où une jeune déesse disparaît 

    57e épisode, où l’on voit le désespoir d’une mère

    58e épisode, où Déméter sème la tristesse  

    59e épisode, où Hermès est chargé d’une mission délicate

    60e épisode, où une fille et une mère se retrouvent enfin

    61e épisode, où la mort sépare des amoureux

    62e épisode, où l’on voit que le manque de confiance peut coûter cher

    63e épisode, où Hermès découvre l’existence des Moires

    64e épisode, où Hermès croise Persée

    65e épisode, où Persée se met dans une situation périlleuse

    66e épisode, où Persée rencontre trois affreuses vieilles

    67e épisode, dans lequel Persée affronte les Gorgones

    68e épisode, où Persée délivre une belle jeune femme

    69e épisode, où Persée échappe à la mort et punit ses ennemis

    70e épisode, où le destin de Persée s’accomplit

    71e épisode, où Hermès retrouve Pégase, le cheval ailé

    72e épisode, où l’orgueil de Bellérophon est puni

    73e épisode, où Hermès vit son premier amour

    74e épisode, où Hermès devient papa

    75e épisode, dans lequel Hermès se renseigne sur Jason

    76e épisode, où Jason construit le bateau des Argonautes

    77e épisode, où les Argonautes abordent sur des femmes

    78e épisode, où Héraklès affronte les ombres géantes 

    79e épisode, où des malheurs s’abattent sur les Argonautes 

    80e épisode, où un champion de boxe défie les Argonautes

    81e épisode, dans lequel les Argonautes combattent les Harpies

    82e épisode, où les Argonautes se retrouvent face aux roches bleues

    83e épisode, où les dieux se mêlent des affaires de Jason

    84e épisode, où l’on découvre les épreuves qui attendent Jason

    85e épisode, dans lequel Jason rencontre Médée

    86e épisode, au cours duquel Jason passe les épreuves

    87e épisode, où l’on voit que les rois ne tiennent pas toujours parole

    88e épisode, dans lequel Médée sauve les Argonautes

    89e épisode, où la colère de Zeus éclate

    90e épisode, où les Argonautes échappent aux sirènes

    91e épisode, où Apollon donne un coup de main bienvenu

    92e épisode, où les Argonautes se séparent        

    93e épisode, dans lequel a lieu une vengeance horrible

    94e épisode, où Médée sombre dans la folie meurtrière

    95e épisode, où Hermès devient le père de Pan

    96e épisode, où Hermès devient père sans le vouloir

    97e épisode, au cours duquel Autolycos arrive à se faire adopter par Hermès

    98e épisode, dans lequel Autolycos se montre le digne fils de son père

    99e épisode, quand Hermès devient arrière-grand-père d’Odysseus

    100e épisode, où Hermès réalise sa plus belle invention

     


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  • Texte proposé par Fugue.

    Niveau : 4.

    Auteur : Andersen.

    Genre : conte.

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    Les Habits neufs de l’Empereur

    1 - Il y a de longues années vivait un empereur qui aimait tant les habits neufs qu’il dépensait tout son argent pour être bien habillé. Il ne se souciait pas de ses soldats, ni du théâtre, ni de ses promenades dans les bois, si ce n’était pour faire le montre[1] de ses vêtements neufs. Il avait un costume pour chaque heure de chaque jour de la semaine et tandis qu’on dit habituellement d’un roi qu’il est au conseil, on disait toujours de lui : "L’empereur est dans sa garde-robe[2] !"

    2 - Dans la grande ville où il habitait, la vie était gaie et chaque jour beaucoup d’étrangers arrivaient. Un jour, arrivèrent deux escrocs[3] qui affirmèrent être tisserands[4] et être capables de pouvoir tisser la plus belle étoffe que l’on pût imaginer. Non seulement les couleurs et le motif seraient exceptionnellement beaux, mais les vêtements qui en seraient confectionnés posséderaient l’étonnante propriété d’être invisibles aux yeux de ceux qui ne convenaient pas à leurs fonctions ou qui étaient simplement idiots.

    "Ce serait des vêtements précieux", se dit l’empereur. "Si j’en avais de pareils, je pourrais découvrir qui, de mes sujets, ne sied pas à ses fonctions et départager les intelligents des imbéciles ! Je dois sur-le-champ me faire tisser cette étoffe!" Il donna aux deux escrocs une avance sur leur travail et ceux-ci se mirent à l’ouvrage.

    Ils installèrent deux métiers à tisser[5], mais ils firent semblant de travailler car il n’y avait absolument aucun fil sur le métier. Ils demandèrent la soie la plus fine et l’or le plus précieux qu’ils prirent pour eux et restèrent sur leurs métiers vides jusqu’à bien tard dans la nuit.

    3 - "Je voudrais bien savoir où ils en sont avec l’étoffe!", se dit l’empereur. Mais il se sentait mal à l’aise à l’idée qu’elle soit invisible aux yeux de ceux qui sont sots ou mal dans leur fonction. Il se dit qu’il n’avait rien à craindre pour lui-même, mais préféra dépêcher[6] quelqu’un d’autre pour voir comment cela se passait. Chacun dans la ville connaissait les qualités exceptionnelles de l’étoffe et tous étaient avides[7] de savoir combien leur voisin était inapte[8] ou idiot.

    "Je vais envoyer mon vieux et honnête ministre auprès des tisserands", se dit l’empereur. "Il est le mieux à même de juger de l’allure de l’étoffe; il est d’une grande intelligence et personne ne fait mieux son travail que lui!" Le vieux et bon ministre alla donc dans l’atelier où les deux escrocs étaient assis, travaillant sur leurs métiers vides. "Que Dieu nous garde!", pensa le ministre en écarquillant les yeux. "Je ne vois rien du tout!" Mais il se garda bien de le dire[9].

    Les deux escrocs l’invitèrent à s’approcher et lui demandèrent si ce n’étaient pas là en effet un joli motif et de magnifiques couleurs. Puis, ils lui montrèrent un métier vide. Le pauvre vieux ministre écarquilla encore plus les yeux, mais il ne vit toujours rien, puisqu’il n’y avait rien. "Mon Dieu, pensa-t-il, serais-je sot? Je ne l’aurais jamais cru et personne ne devrait le savoir! Serais-je inapte à mon travail? Non, il ne faut pas que je raconte que je ne peux pas voir l’étoffe.

    "Eh bien, qu’en dites-vous ?", demanda l’un des tisserands.

    "Oh, c’est ravissant, tout ce qu’il y a de plus joli !", répondit le vieux ministre, en regardant au travers de ses lunettes. "Ce motif et ces couleurs! Je ne manquerai pas de dire à l’empereur que tout cela me plaît beaucoup!"

    "Nous nous en réjouissons!", dirent les deux tisserands. Puis, ils nommèrent les couleurs et discutèrent du motif.

    Le vieux ministre écouta attentivement afin de pouvoir lui-même en parler lorsqu’il serait de retour auprès de l’empereur; et c’est ce qu’il fit.

    Les deux escrocs exigèrent encore plus d’argent, plus de soie et plus d’or pour leur tissage. Ils mettaient tout dans leurs poches et rien sur les métiers; mais ils continuèrent, comme ils l’avaient fait jusqu’ici, à faire semblant de travailler.

    4 - L’empereur envoya bientôt un autre honnête fonctionnaire[10] pour voir où en était le travail et quand l’étoffe serait bientôt prête. Il arriva à cet homme ce qui était arrivé au ministre: il regarda et regarda encore, mais comme il n’y avait rien sur le métier, il ne put rien y voir.

    "N’est-ce pas là un magnifique morceau d’étoffe?", lui demandèrent les deux escrocs en lui montrant et lui expliquant les splendides motifs qui n’existaient tout simplement pas.

    "Je ne suis pas sot, se dit le fonctionnaire; ce serait donc que je ne conviens pas à mes fonctions? Ce serait plutôt étrange, mais je ne dois pas le laisser paraître!" Et il fit l’éloge de l’étoffe, qu’il n’avait pas vue, puis il exprima la joie que lui procuraient les couleurs et le merveilleux motif. "Oui, c’est tout à fait merveilleux!", dit-il à l’empereur.

    5 - Dans la ville, tout le monde parlait de la magnifique étoffe, et l’empereur voulut la voir de ses propres yeux tandis qu’elle se trouvait encore sur le métier. Accompagné de toute une foule de dignitaires[11], dont le ministre et le fonctionnaire, il alla chez les deux escrocs, lesquels s’affairaient à tisser sans le moindre fil.

    "N’est-ce pas magnifique?", dirent les deux fonctionnaires qui étaient déjà venus. "Que Votre Majesté admire les motifs et les couleurs!" Puis, ils montrèrent du doigt un métier vide, s’imaginant que les autres pouvaient y voir quelque chose.

    "Comment!, pensa l’Empereur, mais je ne vois rien! C’est affreux! Serais-je sot? Ne serais-je pas fait pour être empereur? Ce serait bien la chose la plus terrible qui puisse jamais m’arriver."

    "Magnifique, ravissant, parfait, dit-il finalement, je donne ma plus haute approbation!" Il hocha la tête, en signe de satisfaction, et contempla le métier vide; mais il se garda bien de dire qu’il ne voyait rien. Tous les membres de la suite qui l’avait accompagné regardèrent et regardèrent encore; mais comme pour tous les autres, rien ne leur apparut et tous dirent comme l’empereur: "C’est véritablement très beau !" Puis ils conseillèrent à l’Empereur de porter ces magnifiques vêtements pour la première fois à l’occasion d’une grande fête qui devait avoir lieu très bientôt.

    Merveilleux était le mot que l’on entendait sur toutes les lèvres, et tous semblaient se réjouir. L’empereur décora chacun des escrocs d’une croix de chevalier qu’ils mirent à leur boutonnière et il leur donna le titre de gentilshommes tisserands.

    6 - La nuit qui précéda le matin de la fête, les escrocs restèrent à travailler avec seize chandelles. Tous les gens pouvaient se rendre compte du mal qu’ils se donnaient pour terminer les habits de l’empereur. Les tisserands firent semblant d’enlever l’étoffe de sur le métier, coupèrent dans l’air avec de gros ciseaux, cousirent avec des aiguilles sans fils et dirent finalement: "Voyez, les habits neufs de l’empereur sont à présent terminés !"

    "Voyez, Majesté, voici le pantalon, voilà la veste, voilà le manteau!" et ainsi de suite. "C’est aussi léger qu’une toile d’araignée; on croirait presque qu’on n’a rien sur le corps, mais c’est là toute la beauté de la chose!"

     

    "Oui, oui !", dirent tous les courtisans, mais ils ne pouvaient rien voir, puisqu’il n’y avait rien.

    "Votre Majesté Impériale veut-elle avoir l’insigne bonté[12] d’ôter ses vêtements afin que nous puissions lui mettre les nouveaux, là, devant le grand miroir !"

    L’empereur enleva tous ses beaux vêtements et les escrocs firent comme s’ils lui enfilaient chacune des pièces du nouvel habit qui, apparemment, venait tout juste d’être cousu. L’empereur se tourna et se retourna devant le miroir.

    "Dieu ! comme cela vous va bien. Quels dessins, quelles couleurs", s’exclamait tout le monde.

    "Ceux qui doivent porter le dais[13] au-dessus de Votre Majesté ouvrant la procession[14] sont arrivés", dit le maître des cérémonies.

    "Je suis prêt", dit l’empereur. "Est-ce que cela ne me va pas bien ? Et il se tourna encore une fois devant le miroir, car il devait faire semblant de bien contempler son costume.

    Les chambellans[15] qui devaient porter la traîne du manteau de cour tâtonnaient de leurs mains le parquet, faisant semblant d’attraper et de soulever la traîne. Ils allèrent et firent comme s’ils tenaient quelque chose dans les airs; ils ne voulaient pas risquer que l’on remarquât qu’ils ne pouvaient rien voir.

    7 - C’est ainsi que l’Empereur marchait devant la procession sous le magnifique dais, et tous ceux qui se trouvaient dans la rue ou à leur fenêtre disaient: "Les habits neufs de l’empereur sont admirables ! Quel manteau avec traîne de toute beauté, comme elle s’étale avec splendeur !" Personne ne voulait laisser paraître qu’il ne voyait rien, puisque cela aurait montré qu’il était incapable dans sa fonction ou simplement un sot. Aucun habit neuf de l’empereur n’avait connu un tel succès.

    "Mais il n’a pas d’habit du tout !", cria un petit enfant dans la foule.

    "Entendez la voix de l’innocence!", dit le père; et chacun murmura à son voisin ce que l’enfant avait dit.

    Puis la foule entière se mit à crier : "Mais il n’a pas d’habit du tout!" L’empereur frissonna, car il lui semblait bien que le peuple avait raison, mais il se dit : "Maintenant, je dois tenir bon jusqu’à la fin de la procession." Et le cortège poursuivit sa route et les chambellans continuèrent de porter la traîne, qui n’existait pas.

    Hans Christian Andersen (1805 – 1875), Contes (Hachette, édit.)

     


     

    [1] pour faire le montre : pour montrer.

    [2] sa garde-robe : la pièce où sont rangés les vêtements.

    [3] un escroc : un voleur qui utilise la naïveté des gens.

    [4] un tisserand : un homme dont le métier est de tisser du tissu.

    [5] un métier à tisser : la machine qui transforme les fils en tissu.

    [6] dépêcher : envoyer.

    [7] avide : très curieux.

    [8] inapte : incapable.

    [9] il se garda bien de le dire : il préféra ne rien dire.

    [10] un fonctionnaire : quelqu’un dont le métier est de travailler pour le gouvernement.

    [11] un dignitaire : un homme important.

    [12] l’insigne bonté : la très grande bonté.

    [13] un dais : un petit toit en tissu qui protège celui qui est en dessous.

    [14] une procession : un défilé.

    [15] un chambellan : domestique du roi ou de l’empereur.


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    Texte proposé par Fugue.

    Texte Niveau 4.

    Auteur : Andersen.

    Genre : conte.


    Le vilain petit canard


    1 – La mère cane était fière de ses canetons. «  Ne trouvez-vous pas, disait-elle à une voisine, que ce sont les plus gentils petits canards qu’on n’ait jamais vus ? Je n’ai que celui-ci qui n’est pas tout à fait comme les autres. » Et elle montrait un caneton gris, énorme et vilain.

    2 – Mais les canards les regardait tous et disaient entre eux : «  Voyez donc un peu ; en voilà encore d’autres, comme si nous n’étions pas déjà assez. Fi, fi donc ! Qu’est-ce que ce canet-là ? Nous n’en voulons pas. »

    Et un grand canard vola du côté du vilain caneton, se jeta sur lui et le mordit au cou. Voilà ce qui se passa dès le premier jour, et les choses allèrent toujours de pis en pis[1].

    3 – Le pauvre canet fut chassé de partout. Ses sœurs mêmes étaient méchantes avec lui et répétaient continuellement : «  Que ce serait bien fait si le chat t’emportait, vilaine créature ! » Et la mère disait : «  Je voudrais que tu fusses bien loin. »

    Les canards le mordaient, les poules le battaient, et la bonne qui donnait à manger aux bêtes le repoussait du pied.

    4 – Alors il se sauva et prit son vol par-dessus la haie. Les petits oiseaux dans les buissons s’envolèrent de frayeur. «  Tout cela arrive parce que je suis vilain, « pensa le caneton. Et il continua tristement son chemin.

    5 – Il voyagea longtemps, repoussé par les oies, battu par les canards sauvages, longtemps bafoué[2], mourant presque de froid pendant l’hiver glacé. Un jour, à bout de forces, il aperçut des cygnes, et il sentit comme une force puissante qui le poussait vers eux.

    «  Je veux aller les trouver, ces oiseaux royaux ; ils me tueront pour avoir osé, moi si vilain, m’approcher d’eux ; mais cela m’est égal; mieux vaut être tué par eux que d’être mordu par les canards, battu par les poules, poussé du pied par la fille de basse-cour, et que de souffrir les misères de l’hiver. »

    Il s’élança dans l’eau et nagea à la rencontre des cygnes. Ceux-ci l’aperçurent  et se précipitèrent vers lui, les plumes soulevées. «  Tuez-moi, dit le pauvre animal ; et, penchant la tête vers la surface de l’eau, il attendit la mort.

    6 – Mais que vit-il dans l’eau transparente ? Il vit sa propre image au-dessous de lui : ce n’était plus un oiseau mal fait, gris, vilain et dégoûtant ; il était lui-même un cygne !

    Maintenant il se sentait heureux de toutes ses souffrances et de tous ses chagrins ; maintenant, pour la première fois, il goûtait tout son bonheur en voyant la magnificence[3] qui l’entourait, et les grands cygnes nageaient autour de lui et le caressait de leur bec.

                                            Hans Christian Andersen (1805 – 1875), Contes (Hachette, édit.)

     


     

    [1] les choses allèrent toujours de pis en pis : la situation empira, devint de plus en plus pénible

    [2] bafoué : insulté

    [3] la magnificence : la très grande beauté


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  • Texte proposé par Fugue.

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    Texte Niveau 4.


    Drôle de cuisinier

    1 – Au moment de servir, Mélanie était allée chercher chez l’épicier quelque condiment oublié. Sur le fourneau, un civet de lièvre chantait dans une casserole. A cette vue, une inspiration soudaine s’empara de mes esprits… Je retirai le civet du feu et l’allai cacher dans l’armoire aux balais…

    2 – Incontinent, je courus chercher l’Arche de Noé que j’avais reçue pour mes étrennes, et je versai tous les animaux qu’elle renfermait dans une belle casserole de cuivre que je mis sur le fourneau, à la place du civet de lièvre…

    J’imaginais par avance l’émerveillement de Mélanie, quand cette simple créature, croyant trouver le lièvre qu’elle avait apprêté, découvrirait en son lieu le lion et la lionne, l’âne et l’ânesse, l’éléphant et sa compagne, enfin toutes les bêtes échappées du déluge, sans compter Noé et sa famille que j’avais fricassés avec elles par mégarde.

    3 – Mais l’événement manqua mes prévisions. Une puanteur insupportable qui venait de la cuisine ne tarda pas à se répandre dans tout l’appartement.

    Ma mère, suffoquée, courut à la cuisine pour en chercher la cause, et trouva la vieille Mélanie qui, tout essoufflée et son panier encore au bras, tirait du feu la casserole où fumaient les restes noircis des animaux de l’arche. « Ma casserole ! Ma belle casserole ! », s’écria Mélanie avec l’accent du désespoir.

    4 – Venu pour admirer le succès de mon invention, je me sentis accablé de honte et de regrets. Et c’est d’une voix mal assurée qu’à la demande de Mélanie, je révélai qu’on trouverait le civet dans l’armoire aux balais. On ne me fit pas de reproches. Mon père, plus pâle que de coutume, affectait de ne pas me voir. Ma mère, les joues ardentes, m’observant à la dérobée, épiait sur mon visage le crime ou la folie.

    5 – Quand Mélanie servit le civet, elle avait les yeux rouges et les larmes coulaient sur ses joues. Je n’y pus tenir et, me levant de table, je me jetai sur ma vieille amie, l’embrassai de toutes mes forces et fondis en larmes. Elle tira de la poche de son tablier son mouchoir à carreaux, m’essuya doucement les yeux de sa main qui sentait le persil, et me dit avec des sanglots : «  Ne pleurez pas, monsieur Pierre, ne pleurez pas. »

    Anatole France (1844 – 1924), Le petit Pierre (Calmann-Lévy)

    un condiment : une épice ou une herbe qui donne bon goût.

    civet : un plat de lapin ou de lièvre qui cuit longtemps.

    une inspiration soudaine : une idée brusque.

    incontinent : immédiatement.

    apprêter : cuisiner.

    en son lieu : à la place.

    fricasser : faire cuire.

    par mégarde : par erreur.

    l’événement manqua mes prévisions: ce que j’avais prévu n’arriva pas.

    je me sentis accablé de honte et de regrets : j’avais honte, je regrettais vivement.

    d’une voix mal assurée : d’une voix faible.

    mon père affectait de ne pas me voir : il faisait semblant de ne pas me voir.

    ardent, ardente : ici, rouge.

    à la dérobée : discrètement, sans se faire voir.

     


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